Elle est: Myriam, voilée depuis l’adolescence

Elle est: Myriam, voilée depuis l’adolescence

Je m’appelle Myriam, j’ai 28 ans et je suis actuellement animatrice et AESH dans une école polyvalente en vu de reprendre mes études l’année prochaine in sha allah.

Alors j’ai porté le voile très tôt en fin collège si mes souvenirs sont bons. J’ai eu envie de porter le voile suite à une émission que ma mère regardait sur la chaîne Iqraa, et c’était un cheikh qui racontait une histoire vraie.

Cette dernière parlait de deux copines, une voilée et l’autre non. Celle qui ne le portait pas, voyait aucun problème là dedans. Alors un jour, son amie lui dit de venir écouter le cheikh en question, qui lors de son émission expliquait pourquoi une femme devait porter le voile. Très convaincue à la fin de l’émission, la jeune qui ne portait pas le voile ne voulait absolument pas quitter le studio tant qu’elle n’avait pas quelque chose sur la tête et des habits adéquats. Une fois qu’elle obtint tout ce qu’elle souhaitait par le biais de son amie, les deux demoiselles sortirent du studio et soubhan allah, c’était comme si elle sentait ce qui allait se passer parce qu’elle mourut directement après.
Donc après avoir entendu cette histoire qui m’a profondément touché et qui m’a aussi mis une pression supplémentaire (car peur d’arriver devant Dieu les cheveux non couverts), j’ai décidé de le porter à mon tour.

Quand j’ai décidé de porter le voile, ma mère a été totalement contre parce que j’étais trop jeune. Elle pensait que je n’allais pas assumer à cause de mon âge et que c’était plus un caprice qu’autre chose.
Mon père aussi était du même avis mais il a changé d’avis et m’a soutenu assez rapidement.

Le fait de porter le voile aussi jeune n’a pas vraiment changé quelque chose à mon enfance ou adolescence, au contraire je me sentais protégée et respectée.

Aujourd’hui, j’ai toujours plus ou moins le même groupe d’amis et du coup, oui le respect est toujours aussi présent. Et de manière générale, j’ai dû recevoir une ou deux fois des grosses réflexions sur mon voile mais sans plus.

De même mon regard n’a pas vraiment changé, peut-être à cause du fait que je l’ai porté très jeune… C’est plus le regard des autres qui change. J’ai l’impression que plus on avance et plus il est difficile de trouver sa place dans la société en tant que femme voilée.

Je dis cela parce qu’étant adulte désormais, il faut trouver du travail et c’est vrai qu’il est difficile de trouver sa place. Pour mon cas par exemple, comme je travaille dans une école publique dite « laïque » je suis dans l’obligation de retirer mon voile au sein de l’école et même pour les sorties. Mais j’arrive à trouver le moyen de me couvrir à l’aide d’un bonnet ou d’un turban. Je me sens un peu hypocrite pour le coup mais cela reste obligatoire et je n’ai pas le choix.

Le voile est une des étapes de la progression et l’évolution de la femme musulmane. Le voile représente pour moi cette continuité. Je me sens libre et représentante de la femme pratiquante dans une société qui, justement a du mal à comprendre, voire à admettre cette progression parce qu’ils ont tendance à dénigrer l’image de la femme voilée.

Pour moi il représente avant tout une obligation religieuse qui nous permet de garder notre pudeur. Il est aussi une sorte de revendication: il permet de montrer que l’on peut vivre dans une société occidentale et être pratiquante.

Le conseil que je peux donner à celles qui hésitent à sauter le pas à cause de la situation que l’on vit ou que l’on peut vivre dans la société est que, à vrai dire pour moi il n’y a pas de « sauter le pas ». Pour moi il est clair et net qu’il faut avoir un déclic.

Des personnes qui veulent porter le voile parce qu’elles savent que c’est une obligation et qu’il faut le porter à un moment ou un autre, je pense que soit elles vont avoir tendance à le retirer soit elles vont le garder parce qu’elles doivent le faire et du coup elles ne vont pas du tout être bien dans leur peau « tout au long de leur vie ». Le mot d’ordre qu’il faut avoir pour pouvoir porter le voile est qu’il faut avoir le déclic. Si on ne l’a pas, on ne pourra pas avancer comme il le faut et on ne sera pas bien du tout dans sa peau.

Le second conseil que je pourrais donner c’est qu’il ne faut pas tenir compte de l’avis de certains et de la société. Si tu sais que tu dois le porter, que tu veux le porter, fais-le.

Il faut aussi être ouvert d’esprit, savoir jouer sur les notes. Comme je l’avais dit plus haut, je suis dans une école, je sais que je dois l’enlever, je l’enlève donc à l’intérieur. Il est vrai que j’ai eu de la chance de ne travailler qu’avec des femmes en majorité, ce qui était moins compliqué pour moi. Lors des sorties je dois l’enlever mais comme il n’est stipulé nulle part que je n’ai pas le droit de porter des bonnets ou des turbans je le fais.

Ils ne veulent pas que je porte le voile alors j’ai d’autres alternatives, d’autres solutions. Ce n’est pas ça qui m’empêchera de le porter.

Et avant tout, il faut être fort, très fort psychologiquement: la société dans laquelle nous vivons est compliquée et dure. Ils s’acharnent sur nous donc il faut tenir.

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